Que mettre dans le menu de navigation d’un site internet de TPE ? Les pages que vos clients cherchent, nommées avec leurs mots, rangées de la plus demandée à la moins demandée, et codées en vrais liens que Google sait suivre.
Le menu n’est pas une décoration. C’est la première carte que lisent votre client, pour savoir s’il est au bon endroit, et le robot de Google, pour découvrir vos pages. Pour un artisan, un libéral ou une PME, l’enjeu n’est pas un nombre magique d’entrées mais trois choix : des intitulés compris du premier coup, un ordre qui sert le client, des liens explorables.
Faut-il limiter le menu à 7 entrées ?
Non. La règle des 7 entrées est une idée reçue. Le Nielsen Norman Group, cabinet spécialisé en ergonomie web, l’écrivait dès le 6 décembre 2009 : un menu se lit, il ne s’apprend pas par cœur, donc un menu plus long reste acceptable s’il le faut. Le bon nombre d’entrées découle de vos pages et de ce que cherchent vos clients, pas d’un chiffre.
Le 7 vient de la mémoire à court terme, qui retient environ 7 éléments. Jakob Nielsen démonte le raccourci : « C’est une idée reçue de croire qu’une mémoire à court terme limitée implique de limiter les menus à 7 éléments » (traduit de l’anglais). Un menu fait reconnaître, il ne fait pas retenir. Nielsen ajoute le revers : un menu trop court rend les choix abstraits et obscurs. Regrouper Consultations, Tarifs et Le cabinet sous un seul « Découvrir » pour gagner deux places est une perte, pas un gain.
Google ne fixe pas davantage de nombre : « Il n’existe pas de nombre idéal de liens qu’une page donnée doit contenir. Toutefois, si vous pensez qu’il y en a trop, c’est probablement le cas. » (Google Search Central, bonnes pratiques concernant les liens, mise à jour du 31/12/2025).
Notre recommandation, celle d’Inleven et non une donnée mesurée : pour un site de 5 à 20 pages, 4 à 6 entrées principales, plus un bouton d’action à part (Réserver, Prendre rendez-vous). Ce chiffre sort de l’architecture du site, pas d’une étude. En dessous de 4, on fusionne des choses que le client cherche séparément. Au-dessus de 6, vérifiez si certaines entrées n’ont pas leur place dans le pied de page : mentions légales, recrutement, archives du blog.

Quels intitulés mettre dans le menu d’un site de TPE ?
Les mots de votre client, pas ceux de votre métier. Le Nielsen Norman Group demande des libellés clairs, précis et familiers : pas de mot inventé, pas de jargon interne, pas de catégorie abstraite, et le terme important placé en tête du libellé. Google pose la même exigence pour tout texte de lien : il doit faire comprendre la page visée avant même qu’on clique.
Google en donne la raison dans son guide de démarrage SEO : les internautes ne cherchent pas tous avec les mêmes mots. Son exemple : certains tapent « charcuterie », d’autres « plateau de fromage ». Votre menu doit parler la langue de celui qui cherche. Google propose aussi un test, à faire sur chaque entrée : lire le texte du lien seul, hors contexte. Si l’on ne devine pas la page qu’il ouvre, il n’est pas assez descriptif. « Découvrir », « Univers » ou « Solutions » échouent. « Tarifs » passe.
Un restaurant. Le client vient chercher trois choses : ce qu’on mange, s’il reste de la place, comment venir. D’où trois entrées : La carte, Réserver, Infos pratiques (horaires, adresse, accès). Préférez « La carte » à « Menu » : sur mobile, le Nielsen Norman Group conseille d’ajouter un libellé à l’icône qui ouvre la navigation, et notre conseil en découle : si ce libellé est « Menu », deux « Menu » à l’écran sèment le doute. Pour ce cas précis, voyez notre page sur la création du site internet d’un restaurant.
Un cabinet d’ostéopathe. Le patient veut savoir si vous pouvez l’aider, combien cela coûte et quand venir : Consultations, Tarifs, Prendre rendez-vous. « Approche tissulaire » ou « Ma philosophie » sont des mots de praticien ; « Nourrissons », « Femmes enceintes » ou « Mal de dos » sont des mots de patient, à ranger sous Consultations. Le détail est sur notre page site internet pour ostéopathe.
| À éviter | À préférer | Pourquoi |
|---|---|---|
| Découvrir | Le nom de la prestation | Lu seul, le lien ne dit rien de la page |
| Univers, Notre monde | Le restaurant, Le cabinet | Catégorie abstraite |
| Approche tissulaire | Consultations | Jargon du métier |
| Contact, seul accès au rendez-vous | Réserver, Prendre rendez-vous | C’est l’action que veut faire le client |
Dans quel ordre ranger les entrées et où placer le menu ?
Le menu principal va dans l’en-tête, là où l’internaute l’attend, et reste au même endroit sur toutes les pages. Rangez les entrées de la plus demandée à la moins demandée et sortez l’action principale sous forme de bouton. Signalez enfin la page en cours : le Nielsen Norman Group rappelle que les visiteurs n’entrent souvent pas par l’accueil et doivent savoir où ils sont.
Sa liste de contrôle sur la conception des menus (Page Laubheimer, 7 juin 2024) fixe les emplacements attendus : menu principal dans l’en-tête, menu de pied de page en bas de l’écran. Elle qualifie l’absence de repère sur la page en cours de « probablement l’erreur la plus courante » sur les menus de sites (traduit de l’anglais).
Le RGAA, référentiel général d’amélioration de l’accessibilité publié par l’administration française, va dans le même sens. Son critère 12.2 demande que le menu et les barres de navigation soient toujours à la même place dans la présentation, et toujours dans le même ordre dans le code source, hors cas particuliers comme la page d’accueil ou un site d’une seule page. Concrètement : le menu au même endroit et dans le même ordre sur toutes vos pages intérieures.
Pour l’ordre lui-même, notre recommandation : de gauche à droite, ce que le client cherche le plus d’abord, le bouton d’action à droite.
- Restaurant : La carte, Infos pratiques, Le restaurant, puis le bouton Réserver.
- Ostéopathe : Consultations, Tarifs, Le cabinet, puis le bouton Prendre rendez-vous.
Dans un menu déroulant, le Nielsen Norman Group conseille de placer les éléments les plus utilisés au plus près du point d’ouverture : la souris ou le doigt a moins de chemin à faire. Pour savoir ce qui est le plus demandé, partez des questions que vos clients vous posent.

Menu hamburger sur mobile : faut-il tout cacher ?
Sur ordinateur, non ; sur mobile, seulement ce qui ne tient pas. Dans une étude publiée le 26 juin 2016, le Nielsen Norman Group a fait passer 179 participants sur 6 sites : sur ordinateur, la navigation cachée derrière une icône n’a servi que dans 27 % des cas, contre 48 % quand elle était visible et 50 % quand elle était mixte. Sur mobile, la liste de contrôle de 2024 du même groupe qualifie l’icône à trois traits de « mal nécessaire » (traduit de l’anglais), faute de place.
Sur téléphone, la même étude relève 57 % d’usage pour une navigation entièrement cachée, contre 86 % quand une partie restait visible (la version entièrement visible n’y a pas été testée). Un second article, daté du 24 juillet 2016, compare les sites : 89 % des tâches sur mobile passaient par la navigation sur un site de commerce doté d’un large bouton de navigation, centré, avec une flèche, contre 44 % sur un site d’information qui la cachait derrière une petite flèche sans libellé, collée au logo.
Les recommandations qui en découlent, selon ces deux articles du Nielsen Norman Group :
- Sur ordinateur, aucune navigation cachée : affichez les entrées principales en haut de page ou sur le côté.
- Sur mobile, si vous avez 4 entrées principales ou moins, affichez-les.
- Au-delà, cacher une partie est un compromis acceptable ; l’article du 24 juillet demande alors un bouton bien visible, distinct du logo et doté d’un libellé.
- Des liens dans la page vers les contenus importants soulagent le menu caché.
Une réserve : l’étude date de 2016. Ses auteurs jugeaient que seule l’habitude du hamburger pouvait progresser ; l’icône peu visible, muette sur son contenu et qui coûte un geste de plus, reste un handicap. Pour une TPE, cela donne : sur mobile, le logo, le bouton Réserver ou Prendre rendez-vous toujours visible, et un bouton Menu pour le reste. Sur ordinateur, tout est affiché.
Comment le menu aide-t-il le référencement ?
Le menu est le chemin que suit Google pour découvrir vos pages. Son guide de démarrage SEO le dit : « la grande majorité des nouvelles pages que Google trouve chaque jour sont détectées via des liens ». Encore faut-il que son robot puisse les suivre : chaque entrée doit être un élément a avec un attribut href pointant vers une vraie adresse, et porter un texte qui décrit la page visée.
La page de Google sur les liens est précise : « En règle générale, Google ne peut explorer un lien que s’il s’agit d’un élément HTML <a> (également appelé élément d’ancrage) avec un attribut href. » Voici, sur les modèles donnés par Google, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas :
<!-- Explorable par Google -->
<a href="/tarifs/">Tarifs</a>
<!-- Non fiable pour Google -->
<span href="/tarifs/">Tarifs</span>
<a onclick="goTo('tarifs')">Tarifs</a>
<a href="javascript:goTo('tarifs')">Tarifs</a>
Trois conséquences pour un menu de TPE :
- Un menu ouvert par JavaScript reste explorable, à condition que ses liens soient de vrais
<a href>. Google conseille de vérifier le rendu avec l’outil d’inspection d’URL de la Search Console. - Le logo cliquable compte comme un lien : Google utilise l’attribut alt de l’image comme texte du lien. Un alt vide sur un lien vide est à proscrire.
- Pas de bourrage de mots-clés dans les intitulés. « Ostéopathe [ville] pas cher ostéopathie bébé » n’a rien à faire dans un menu : Google rappelle que l’accumulation de mots-clés enfreint ses règles contre le spam. « Consultations » suffit, la page elle-même porte les mots-clés.
Inutile en revanche de refondre vos adresses. Google explique que l’organisation en répertoires pèse sur l’exploration quand un site compte plusieurs milliers d’URL ; un site de 5 à 20 pages n’est pas concerné. À cette échelle, ce qui compte est que chaque page importante soit reliée à au moins une autre page du site, comme le demande la page de Google sur les liens.

Menus déroulants et sous-menus : jusqu’où descendre ?
Un seul niveau sous le menu principal, pas davantage. Le Nielsen Norman Group juge qu’un menu déroulant simple fonctionne pour un niveau, devient frustrant à deux et le déconseille fortement au-delà, car le risque de choisir la mauvaise entrée ou de refermer le menu par erreur augmente. Il recommande des sous-menus qui s’ouvrent au clic, pas au survol, et signalés par une petite flèche.
Le survol n’existe ni sur écran tactile ni au clavier. La flèche distingue les entrées qui mènent à une page de celles qui ouvrent une liste. Les méga-menus que le même groupe propose aux gros sites ne servent pas à un site de 5 à 20 pages.
Notre recommandation pour l’ostéopathe : Consultations ouvre un sous-menu (Nourrissons, Femmes enceintes, Sportifs, Mal de dos), dont la première ligne, « Toutes les consultations », mène à une vraie page de synthèse. Le restaurant, lui, n’a besoin d’aucun sous-menu.
Le menu suffit-il ou faut-il un deuxième système de navigation ?
Au-delà de quelques pages, non. Le critère 12.1 du RGAA demande au moins deux systèmes de navigation différents : un menu et un plan du site, un menu et un moteur de recherche, ou un moteur de recherche et un plan du site. Il prévoit une exception pour un site d’une seule page ou d’un nombre très limité de pages, toutes atteignables depuis l’accueil.
Le RGAA ne chiffre pas ce « nombre très limité ». Un site de 5 pages, toutes présentes dans le menu, peut relever de l’exception. Un site de 12 ou 20 pages avec sous-menus gagne à ajouter un plan du site : une page lisible par un humain, à ne pas confondre avec le fichier sitemap destiné aux moteurs, dont Google précise : « ce n’est pas obligatoire ». Le RGAA demande aussi que le lien vers ce plan soit au même endroit sur chaque page ; le pied de page s’y prête.
Le Nielsen Norman Group ajoute deux renforts : un menu de pied de page pour les rubriques secondaires, et une navigation locale entre pages proches, par exemple des liens d’une consultation vers les autres. Ces liens donnent aussi à Google d’autres chemins vers vos pages.
La liste de contrôle pour un site de 5 à 20 pages
Voici les contrôles à passer sur votre menu, chacun rattaché à sa source. Un menu qui les réussit tous est clair pour le client, stable d’une page à l’autre, utilisable au doigt comme à la souris, et lisible par Google. Ils portent sur des mots, un ordre et des balises.
- 4 à 6 entrées principales, plus un bouton d’action à part (recommandation Inleven).
- Chaque intitulé, lu seul, dit quelle page il ouvre (Google).
- Les mots du client, sans jargon, le terme important en tête (Nielsen Norman Group).
- Le menu dans l’en-tête, à la même place et dans le même ordre sur chaque page (Nielsen Norman Group, RGAA 12.2).
- La page en cours signalée dans le menu (Nielsen Norman Group).
- Sur ordinateur, toutes les entrées visibles, aucun hamburger (Nielsen Norman Group, 2016).
- Sur mobile, les entrées affichées s’il y en a 4 ou moins ; sinon un bouton de menu libellé, et l’action principale toujours visible (Nielsen Norman Group, 2016).
- Chaque entrée codée en
<a href="/vraie-adresse/">(Google). - Aucun bourrage de mots-clés dans les intitulés (Google).
- Un seul niveau de sous-menu, ouvert au clic, signalé par une flèche (Nielsen Norman Group).
- Des liens assez grands et assez espacés pour le doigt (Nielsen Norman Group).
- Un deuxième système de navigation, par exemple un plan du site relié depuis le pied de page, sauf site de très peu de pages toutes atteignables depuis l’accueil (RGAA 12.1 et 12.4).
- Le rendu vérifié avec l’outil d’inspection d’URL de la Search Console (Google).
Chez Inleven, la hiérarchie de l’information se fixe au cadrage, le jour 1 de notre méthode, avant le moindre dessin : c’est elle qui décide du menu, pas l’inverse. Notre page création de site web détaille la démarche. La première année, un site de 5 pages dessinées sur mesure coûte 990 € et un site de 12 pages 1 490 €, détail sur notre offre.



