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Cahier des charges de site internet : ce qu'il doit contenir pour obtenir des devis comparables

Ce qu'un cahier des charges de site internet doit contenir pour recevoir trois devis vraiment comparables : structure minimale, longueur, pièges à éviter.

Par Inleven14 min de lecture
Affiche retro orange portant le titre en relief TROIS DEVIS, UN CADRE en bleu nuit, et la ligne Le document qui rend comparable.

Un cahier des charges de site internet est le document qui décrit ce que vous voulez obtenir, pour que chaque agence consultée chiffre exactement le même projet. Sa fonction n’est pas de prouver que vous maîtrisez la technique. Elle est de rendre trois devis comparables.

Le scénario est presque toujours identique. Vous consultez trois prestataires, vous recevez trois propositions dont les montants vont du simple au triple, et vous passez la soirée à tenter de les mettre côte à côte. Impossible. La première a chiffré cinq pages et un formulaire, la deuxième une refonte complète avec rédaction des textes, la troisième un modèle installé en deux jours. Personne n’a menti. Chacune a répondu à un périmètre différent, parce qu’aucun périmètre n’avait été posé.

Chez Inleven, studio créatif basé en France, nous travaillons avec des artisans, des indépendants et des PME qui n’ont ni service informatique ni chef de projet. Le document qu’ils nous envoient avant un projet livré en 7 jours tient le plus souvent en deux pages. C’est suffisant. Voici ce qu’il doit contenir, et comment il vous sert ensuite à lire ce qui revient.

Qu’est-ce qu’un cahier des charges pour un site internet ?

C’est un document court, rédigé par le client, qui fixe le périmètre du projet : ce que le site doit accomplir, ce qu’il doit contenir, ce qu’il doit permettre de faire, sous quelles contraintes, pour quel budget et à quelle échéance. Ce n’est ni une spécification technique ni un contrat. C’est la référence commune sur laquelle plusieurs prestataires vont chiffrer la même chose.

Bpifrance Création, le service d’information aux entrepreneurs de Bpifrance, ne le présente pas comme une option. Sur sa page consacrée à la création de site, publiée en juillet 2025, l’organisme écrit : « Ecrire un cahier des charges pour la création de votre site internet est indispensable », et rappelle en amont qu’« il est essentiel de bien définir vos objectifs et vos besoins avant de vous lancer ». L’ordre compte : d’abord les objectifs, ensuite seulement les moyens.

Aucune loi ne vous y oblige, en revanche. La fiche officielle Devis obligatoire : activités concernées recense 9 secteurs dans lesquels un devis écrit est imposé, du bâtiment aux prestations funéraires, avec une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société. La création de site internet n’y figure pas. Personne ne viendra donc encadrer la forme de ce que vous recevrez. Le cadre, c’est vous qui le posez, ou il n’existe pas.

Feuille posee sur un bureau en bois pres d une fenetre, portant une liste manuscrite de six points numerotes, a cote d un ordinateur portable ferme et d un stylo.

Que doit contenir un cahier des charges de site web ?

Six blocs suffisent : les objectifs, le contenu, les fonctionnalités, les contraintes, le budget et le délai. Chacun répond à une question qu’une agence se posera de toute façon, et à laquelle elle répondra seule si vous ne l’avez pas fait. Un bloc absent devient une hypothèse du prestataire, et deux hypothèses différentes suffisent à rendre deux devis incomparables.

Les objectifs

Une phrase par objectif, formulée en résultat, pas en fonctionnalité. « Recevoir des demandes de devis qualifiées pour de la rénovation de salle de bains dans un rayon de 30 kilomètres » est un objectif. « Avoir un beau site moderne » n’en est pas un : c’est un jugement, et deux agences le traduiront différemment. Ajoutez comment vous saurez que c’est réussi, même grossièrement : un nombre d’appels par mois, une position sur une requête, un formulaire rempli par semaine.

Le contenu

Listez les pages, et dites qui écrit les textes. C’est le poste qui fait le plus souvent exploser un devis après signature. Trois cas : vous fournissez tout, l’agence reprend et met en forme ce que vous fournissez, ou l’agence rédige. Précisez aussi l’état des photos. « Photos existantes fournies, non professionnelles » et « séance photo à prévoir » ne se chiffrent pas de la même manière.

Les fonctionnalités

Décrivez des usages, pas des outils. « Un visiteur doit pouvoir demander un rendez-vous et je dois recevoir la demande par e-mail » se chiffre. « Intégration d’un module de booking » suppose déjà une solution, souvent celle que vous avez vue ailleurs. Signalez ce qui existe : agenda en ligne, logiciel de caisse, base clients, réseaux sociaux à afficher.

Les contraintes

C’est la rubrique la plus rentable, et la plus souvent vide. On y met le multilingue, l’accessibilité, la charte graphique existante, le nom de domaine déjà réservé, et surtout ce qui se passe après la livraison. Sur l’accessibilité, sachez que le RGAA et ses 106 critères s’imposent aux organismes publics et aux entreprises privées dépassant 250 millions d’euros de chiffre d’affaires en France. Une TPE n’est pas concernée par l’obligation, mais rien n’empêche d’écrire dans le cahier des charges que le site doit rester lisible au clavier et contraster correctement. Cette ligne se chiffre, et elle sépare vite deux propositions.

Le budget

Donnez une fourchette et séparez deux enveloppes. Bpifrance Création rappelle qu’« un coût initial (hébergement, nom de domaine, thème, outils) est à anticiper », et chiffre les postes récurrents, relevés en juillet 2025 : le nom de domaine coûte 10 à 20 € par an, l’hébergement démarre à 3 € par mois. Ces montants sont petits, mais ils prouvent le point : une partie du budget d’un site ne dépend pas du prix de conception et court chaque année. Écrivez donc « X € au lancement, Y € par an ensuite ».

Le délai

Une date, et la raison de cette date. Une ouverture de local, un salon, une saison. Une agence qui connaît la contrainte propose un périmètre réduit tenable plutôt qu’un périmètre complet en retard. C’est aussi la ligne qui révèle les écarts de méthode : un site livré en une semaine et un projet étalé sur trois mois ne recouvrent pas le même travail, et notre méthode le dit noir sur blanc.

Comment rédiger un cahier des charges de site internet sans être technique ?

En décrivant des résultats plutôt que des solutions. Vous n’avez pas à choisir une technologie, un CMS ni une architecture : c’est le travail que vous achetez. Votre travail à vous consiste à décrire votre activité, vos clients, ce qu’ils doivent pouvoir faire sur le site et ce que vous devez pouvoir faire vous-même une fois qu’il est en ligne. Le reste est une réponse, pas une question.

Une seule précision technique mérite d’y figurer, parce qu’elle change tout le chiffrage : dites si vous acceptez une plateforme grand public ou si vous voulez un site construit pour vous. Bpifrance Création note qu’on peut créer un site gratuitement via des plateformes telles que Wix, WordPress.com ou Site123, « sans compétences techniques », mais que les versions gratuites ont leurs limites. Ce n’est ni un défaut ni une qualité, c’est une famille de solutions, avec ses coûts d’entretien et ses limites. Si vous laissez la question ouverte, une agence chiffrera un thème adapté et une autre un site dessiné, et vous comparerez deux mondes.

Deux repères utiles pour formuler sans jargon. Écrivez au futur simple et à la troisième personne : « Le visiteur pourra… », « Le site affichera… ». Et pour chaque demande, ajoutez la raison : « Une page par prestation, parce que mes clients cherchent le métier avant de chercher mon nom ». La raison permet à l’agence de proposer mieux que ce que vous aviez imaginé, ce qu’une liste sèche interdit.

Quelle longueur doit faire un cahier des charges de site internet ?

Deux à quatre pages pour un site vitrine de TPE, six à dix pour un site avec espace client ou vente en ligne. La longueur utile est celle que vous avez écrite vous-même. Un modèle générique de quarante pages téléchargé et rempli à moitié produit l’effet inverse de celui recherché : les prestataires en extraient chacun ce qui leur parle, et vous obtenez à nouveau trois périmètres différents.

Le test est simple. Chaque phrase doit pouvoir être chiffrée ou vérifiée. « Le site devra être responsive et optimisé pour le référencement » ne se chiffre pas, tout le monde le signera et personne ne s’engage. « Le site devra charger en moins de deux secondes sur mobile en 4G » se vérifie. Supprimez tout ce qui ne passe pas ce test, y compris les paragraphes qui décrivent votre histoire d’entreprise : ils vont dans le brief de contenu, pas dans le périmètre.

Un pavé générique a un autre défaut, plus insidieux. Il contient presque toujours des exigences que vous n’avez pas comprises, héritées de projets bien plus gros. Une agence sérieuse vous demandera de les arbitrer, ce qui vous fera perdre deux semaines. Une agence pressée les chiffrera, et vous paierez pour des lignes que vous n’auriez jamais demandées.

Trois documents imprimes etales en eventail sur une table claire, une main tenant un stylo au-dessus du premier, prete a comparer les postes.

Faut-il un cahier des charges pour un site vitrine ?

Oui, et c’est même là qu’il rapporte le plus. Sur un projet vitrine, l’écart de prix entre deux propositions ne vient presque jamais du nombre de pages : il vient de ce qui n’est pas dit, la rédaction des textes, les photos, le référencement de départ, l’entretien. Un document de deux pages qui nomme ces quatre postes transforme un écart inexplicable en écart lisible.

Le format compte aussi. Bpifrance Création cite la landing page, page unique centrée sur une seule offre, parmi les moyens « bien adaptés pour tester une offre ou lancer un produit à moindre coût ». Un indépendant qui veut valider une prestation nouvelle n’a pas besoin d’un site de huit pages, et le dire dans le cahier des charges évite trois devis calibrés pour un site complet. À l’inverse, un artisan qui vise plusieurs communes et plusieurs prestations a besoin d’une page par prestation, ce que détaille notre page création de site internet pour artisan.

Un exemple de PME pour boucler l’échelle : dix pages, deux langues, un formulaire de recrutement, une reprise de contenus existants, un domaine déjà réservé chez un prestataire sortant. Cinq lignes, et le chiffrage change de nature. Sans ces cinq lignes, vous recevrez un prix de site vitrine et vous découvrirez le reste en cours de route.

Qui rédige le cahier des charges, le client ou l’agence ?

Le client écrit l’intention, l’agence écrit la traduction technique. C’est la répartition qui protège les deux parties. Le client est le seul à savoir ce que le site doit produire pour son activité ; l’agence est la seule à savoir combien coûte chaque manière de l’obtenir. Inverser les rôles produit un document confortable pour le prestataire et inutilisable pour la comparaison.

Le piège est courant et rarement malveillant. Une agence à qui vous demandez « faites-moi le cahier des charges » rédigera un périmètre qui ressemble à ce qu’elle sait faire, avec les outils qu’elle maîtrise et les postes qu’elle facture habituellement. Envoyé ensuite à deux concurrents, ce document les met en position de répondre au projet de quelqu’un d’autre. Les prix redeviennent comparables, mais sur un terrain choisi.

La bonne séquence tient en trois temps. Vous écrivez la version courte, six blocs, deux pages. Vous l’envoyez telle quelle à trois prestataires. Chacun vous renvoie un devis plus une note qui explique sa traduction technique et ce qu’il propose de changer dans votre demande. Cette note vaut souvent plus que le devis : elle montre qui a lu, qui a compris votre métier, et qui a envoyé un modèle.

Artisan attable dans son atelier de maroquinerie, un carnet ouvert et un telephone devant lui, en train de cadrer lui-meme son projet de site.

Comment comparer des devis à partir d’un cahier des charges ?

En les redécoupant selon les mêmes postes, pas en lisant le total. Bpifrance Création, dans sa fiche sur le traitement comptable des dépenses de site, distingue explicitement le développement, le nom de domaine, l’hébergement, l’accès internet et l’exploitation (entretien, mises à jour, gestion quotidienne). Cette décomposition est votre grille de lecture : le prix du site n’est qu’un poste parmi cinq, et c’est rarement celui qui creuse l’écart.

Reportez chaque devis dans les mêmes rubriques, dans cet ordre.

  • Le périmètre. Nombre de pages, qui rédige les textes, qui fournit les photos, langues, fonctions. Un devis qui ne le détaille pas n’est pas un devis, c’est une intention de prix.
  • La conception. Modèle adapté ou dessin sur mesure. À nombre de pages égal, les deux n’ont pas la même valeur, ni la même durée de vie.
  • Le domaine et l’hébergement. Inclus ou à votre charge, et à quel nom. C’est un montant faible, entre 10 et 20 € par an pour un domaine, mais c’est aussi le point où se joue votre indépendance.
  • La maintenance et la sécurité. Bpifrance Création rappelle qu’un site « nécessite un suivi dans le temps » et qu’il faut le « sécuriser et mettre à jour régulièrement ». Qui le fait, à quelle fréquence, à quel prix, et que se passe-t-il en cas d’incident.
  • Les retouches après livraison. Combien par mois ou par an, dans quel délai, et ce qui compte comme retouche. C’est la ligne la plus rentable à comparer, parce qu’elle se paie tous les mois pendant des années.
  • Le référencement. Structure technique de base ou travail actif et continu. Deux choses très différentes, souvent désignées par le même mot.

Un dernier filtre, décisif. Vérifiez que les trois devis répondent au même type de site. Bpifrance Création distingue en comptabilité le site passif, purement informatif, et le site actif, transactionnel, qui suppose des phases et un traitement distincts. Si un prestataire a chiffré une vitrine et un autre une boutique, aucune colonne ne les réconciliera : il faut redemander un chiffrage. Le secteur du bâtiment, dont le devis est encadré par arrêté, offre au passage un modèle de rubriques transposable : nature exacte des travaux, décompte détaillé en quantité et en prix, durée de validité de l’offre. Rien n’interdit de l’exiger d’une agence web.

Sur ce point, notre position est publique plutôt que négociée au cas par cas : la grille tarifaire Inleven affiche 530, 960 ou 1 830 € la première année selon le périmètre, ou un règlement en douze fois, puis 180 € par an tout compris. L’intérêt n’est pas le montant, c’est qu’il soit lisible avant l’entretien, donc comparable. Pour aller plus loin sur la lecture ligne à ligne, nous avons détaillé les 10 lignes à vérifier dans un devis de site internet.

Quels pièges éviter dans un cahier des charges de site internet ?

Six erreurs reviennent constamment, et cinq d’entre elles se corrigent en une phrase. Elles ont un point commun : elles laissent une décision au prestataire tout en donnant l’impression d’avoir tout écrit.

  • Décrire une solution au lieu d’un besoin. « Je veux WordPress » ferme la porte à des propositions moins chères à entretenir. Dites ce que vous voulez pouvoir faire vous-même, laissez chacun proposer comment.
  • Oublier l’après-livraison. Hébergement, sécurité, mises à jour, sauvegardes, retouches. Non demandé, non chiffré, et facturé plus tard.
  • Taire le budget. Sans fourchette, vous ne comparez plus des approches mais des tarifs de catalogue, et le prestataire le moins cher est souvent celui qui a le moins compris.
  • Copier un modèle générique. Il ajoute des exigences que vous ne saurez pas arbitrer et noie les trois lignes qui comptaient vraiment.
  • Confondre délai de livraison et durée de validité du devis. Ce sont deux dates différentes, et l’absence de la première ne se rattrape pas.
  • Ne pas dire qui possède quoi. Nom de domaine, contenus, code, comptes publicitaires. À écrire dans les contraintes, à vérifier dans le devis, et à ne jamais découvrir au moment de partir.

Un cahier des charges bien fait ne garantit pas que vous choisirez la bonne agence. Il garantit que vous choisirez en connaissance de cause, ce qui est déjà beaucoup. Si vous voulez voir à quoi ressemble un périmètre déjà cadré, regardez comment nous décrivons la création de site web ou une page métier comme la création de site internet pour avocat : ce sont les mêmes six blocs, écrits depuis l’autre côté de la table.

Questions fréquentes

Faut-il un cahier des charges pour un simple site vitrine ?

Oui, mais court. Pour une vitrine de cinq à huit pages, deux pages suffisent : ce que le site doit déclencher, la liste des pages, les fonctions attendues, vos contraintes, une fourchette de budget et une date. C'est justement sur les petits projets que l'absence de périmètre coûte le plus cher, parce que l'écart entre un modèle installé en deux jours et un site dessiné pour votre métier ne se voit pas sur la ligne de prix.

Peut-on demander à l'agence de rédiger le cahier des charges ?

Oui, et c'est fréquent, mais pas avant d'avoir consulté. Une agence qui rédige le document rédige aussi, sans mauvaise intention, un périmètre taillé pour ce qu'elle sait faire. Écrivez vous-même la version courte, celle des objectifs et du contenu, puis laissez chaque prestataire proposer sa traduction technique. C'est cette différence de traduction que vous voulez voir apparaître dans les trois devis.

Faut-il indiquer son budget dans le cahier des charges de site internet ?

Indiquez une fourchette, pas un chiffre exact. Sans repère de budget, une agence chiffre son projet type et vous recevez trois propositions qui ne se croisent nulle part. Avec une fourchette, chacune arbitre le périmètre à budget comparable, ce qui est précisément l'objet de l'exercice. Ajoutez si possible votre enveloppe annuelle récurrente, séparée du coût de lancement : hébergement, nom de domaine, maintenance et sécurité s'y logent.

Combien de devis faut-il demander pour un site internet ?

Trois suffisent, à condition qu'ils répondent au même document. Deux ne donnent aucun point de comparaison quand l'un des deux est atypique, et au-delà de quatre vous comparez des variantes plutôt que des approches. Envoyez le même cahier des charges à tout le monde, le même jour, avec la même date de réponse, et demandez à chacun de reprendre vos rubriques dans son devis.

Vous avez un projet ?

Un appel de 15 minutes suffit pour démarrer. Rien à signer.